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Auteur Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé par Pierre-Guillaume Paris   ( Réponses 18 | Lectures 78 )
Haut de page 12/07/2008 @ 13:55 Bas de page
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Bonjour à toutes et tous,


C'est avec un grand plaisir que je poste la contribution de notre ami Pierre-Guillaume Paris (alias Lomig) à notre Colloque Virtuel sur le Mal.Son approche à la fois philosophique, anthropologique ainsi qu'éthique du Mal dans le domaine de la santé ouvre notre réflexion sur une compréhension interculturelle du mal dans le domaine de la santé. N'hésitez pas à poster vos commentaires, questions!

Résumé de cette contribution et mots clés rédigés par Pierre-Guillaume Paris (alias Lomig):
Cet article tentera d’éclairer le sens du concept d’infortune en anthropologie et d’en montrer quelques usages, ainsi que quelques conséquences qu’il peut avoir en retournant cette catégorie sur nos pays occidentaux. Le concept d’infortune sert à éviter les catégories préconstruites présentes dans l’usage du terme "maladie", catégories liées à un champ médical bien défini, avec ses agents, ses institutions, ses pratiques, etc. Ce concept vise aussi à proposer une catégorie flexible applicable à toute culture dans laquelle la maladie fait partie, non exclusivement, impliquant une réponse sociale déterminée. Nous n’avons absolument pas la prétention d’être exhaustif, mais simplement d’offrir une introduction en anthropologie de la santé sur un concept central et des intérêts de celui-ci contre l’ethnocentrisme ou, appliqué aux pays occidentaux, contre le dogme biomédical. En outre, la neutralité axiologique a été laissée de côté pour offrir des hypothèses sur l’intérêt de cette notion dans le travail de suggestion médicale et d’efficacité symbolique, et pour souligner les dimensions psychologiques, sociales, mais aussi et surtout existentielles du mal tel qu’il se présente à nous.

Mots-clés :
Infortune – efficacité symbolique – dimension sociale de la maladie – critique de la biomédecine

Liens vers l'article : http://www.approximations.fr/textes/infortune-PGParis.pdf


Edité le 21/01/2009 @ 10:30 par elsp
#17874 View corneillus's ProfileE-Mail corneillusView All Posts by corneillusU2U Member
Haut de page 15/07/2008 @ 06:29 Bas de page
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Bonjour Lomig,
J'avoue ne pas avoir encore posté depuis que je me suis inscrit sur ce forum, mais la lecture de ton texte me "pousse" à le faire. Je m'excuse d'avance si ce post, ou la manière de l'écrire, ne correspond pas forcément à ce qui se fait sur un forum.
J'ai apprécié ton texte qui désoccidentalise notre regard sur le mal (maladie) et qui donne de nombreux exemples sur les manières de dire le mal ailleurs que chez nous où sévit encore le "dogme biomédical". J'avoue avoir un peu de mal à comprendre ce que tu entends sur ce dogme. Est-ce ce que nous désignons par les termes de "colloque singulier"; colloque dans lequel le médecin est tout puissant? Si c'est le cas, alors j'ai une question quelque peu indiscrète :-): penses-tu que nous sommes toujours soumis à ce dogme ou bien en train de nous en défaire? Je pense notamment à l'apparition d'autres formes du soin dans les sphères privées où ce n'est plus le médecin qui est celui qui possède la connaissance et la légitimité du soin.
Autre question: dans la mesure où le mal est culturel, comment le soigner? Cela impliquerait-il que le soignant soit "formé" à cette interculturalité du mal? Soigner par d'autres symboliques?

Magnéto Serge!
#17914 View obijof's ProfileE-Mail obijofView All Posts by obijofU2U Member
Haut de page 15/07/2008 @ 12:59 Bas de page
Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Bonjour Obijof, je suis content de te lire. Rassures-toi il n'existe pas de conformité sur approx, bien au contraire.
Du coup moi j'ai deux questions. La première c'est qu'il y a un point que j'ai du mal à comprendre. Sur les trois logiques, en fait je ne comprend quand tu prends l'exemple du vodu si la partie nosologie est véritablement objective et efficace pour la maladie. Est ce qu'en découlant du symbolique, elle parvient à être efficace dans le traitement de la maladie ou est ce qu'il y a juste un déclinement du symbolique dans le pratique sans avoir un véritable effet thérapeutique?

Ensuite je voulais réagir au poste d'Obijof, en disant qu'il me semblait bien que l'on se dirigeait dans la médecine vers un type de relation où le médecin n'est pas le seul à avoir la parole sur les soins. C'est bien il me semble ce passage d'un paternalisme médicale vers un contractualisme qu'annonce le ccne dans un avis, je crois que c'est le 058 ou le 084.
Mais est ce que cela ne conduit pas aujourd'hui à nous diriger vers une relation où le patient devient un client de la médecine?

Qui connait l'autre est avisé; qui se connait est pénétrant.
Qui triomphe des autres est fort; qui triomphe de lui même est puissant.
Qui sait se contenter est riche; qui meurt sans disparaitre est éternel.
#17917 View telamonide's ProfileE-Mail telamonideView All Posts by telamonideU2U Member
Haut de page 15/07/2008 @ 13:04 Bas de page
Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Bonjour, et bienvenue!

Je suis ravi que mon texte aie pu t'interpeller!

Ce que j'entends par "dogme biomédical", c'est plusieurs choses. D'une part, la légitimité du soin, du savoir, qui va, pour des raisons historiques, culturelles et sociales, exclusivement aux médecins. (il s'agit de voir, de quelle manière, au cours du XVIIIe siècle, les luttes corporatistes pour la domination et la légitimité les ont mené en haut de l'affiche, au détriment d'autres corps de métier) OU qui les place au-dessus des autres pratiques (le psychologue, à l'hôpital, ferme sa gueule face au médecin). ET qui joue sur certaines logiques épistémiques, je n'en citerai qu'une seule.

Prenons l'exemple de l'efficacité symbolique. L'hypno-thérapeute, grâce à sa séance, va permettre de soulager des douleurs, d'évacuer des angoisses, etc.

La réponse du médecin ne va pas être: "Mais comment cela se fait-il?", mais "je n'y crois pas" ou "ce sont des charlatans". Or, il ne s'agit pas d'un problème de croyance, et cela, dans certains cas, doublement: Premièrement, la posture scientifique ne vise pas à comprendre, et le dogme biomédical ou admet ou refuse, parfois sans réfuter. Donc, il y a des rpatiques qui fonctionnent, mais qui fonctionnent sans explications scientifique. Là où la biomédecine est dépassée, c'est dans le fait de ne pas chercher à savoir comment cela fonctionne, puisque, théoriquement, ça ne devrait pas marcher.

La deuxième raison, et cela vaut en particulier pour l'hypnose, c'est qu'elle ne joue pas que sur l'efficacité symbolique puisqu'elle fonctionne, même si l'on y croit pas. (Bien qu'il y ait un certain pourcentage de gens sur qui elle ne fonctionne pas, mais cela vaut aussi pour la morphine, etc.)

On a donc plusieurs dogmes: le dogme social, organisé aussi politiquement, laissant aux médecins le monopole sur la définition de ce que sera la maladie, ce que sera le traitement, qui sera habilité à traiter, ce que seront les causes, etc.
Et bien entendu le dogme scientifique, fondé sur la preuve empirique, et sur l'exclusion théorique de certaines caractéristiques ayant une influence sur la guérison. Notamment le fait qu'on fait les essais thérapeutiques en double aveugle: aveu de faiblesse de la médecine: cela signifie bien que l'attitude du médecin, et la situation du patient ont un rôle dans la guérison.

Quant au dogme, qui disparaîtrait ou pas. Là, j'avoue que c'est à pile ou face, donc il ne faut pas attendre de ma part une réponse bien nette.

D'un côté, le "dogme" a bien absorbé la psychologie, a su maîtriser la naissance et l'évolution de la psychiatrie. En dehors du dogme, et dans les "institutions de pointe", on trouve des hypnothérapeutes, des sophrologues, etc., qui bien que soumis d'une part aux autres médecins, et devant faire partie du dogme d'une manière ou d'une autre (en étant infirmiers, psychologues, etc.), ne sont donc pas un danger pour la domination biomédicale.

Quant aux médecines parallèles, douces, et autres, que je ne cite pas, elles n'ont aucune légitimité scientifique et restent des pis-allers pour les médecins, en général. On sait pourtant que le médecin ne peut rien faire contre les zona, par exemple, donc, en dernier ressort, on fera appel à un rebouteux. Idem dans certains hôpitaux, où, en dernier ressort, on fait appel à des "sorciers".

Alors, intégration dans le dogme, ou vole-t-il en éclat???

Je pense qu'il se porte plutôt bien, merci de demander: D'une part, les "autres" restent soumis, d'autre part, scientifiquement (et politiquement), la recherche est toujours centrée sur le biomédical et accepte, à la amrge, les autres, pour le vernis. L'INSERM domine dans son coin, fiévreusement "biologiste", et se trouve renforcé par le pouvoir politique en place.

Alors, il y a beaucoup de politique dans ce que je dis. Parce que l'essentiel du rapport de force s'y trouve, et que je ne vois pas la situation évoluer de sitôt. Cependant, d'autres savoirs existent, et n'attendent qu'un peu de soleil et d'eau pour s'épanouir librement...

Comment soigner? Excellente question. A mon humble avis, encore une fois, et pour l'instant, en prenant en compte les formes locales, structurelles, du rapport au soin, il faut effectivement être formé à cette interculturalité. Certains médecins n'ont pas attendu que cela soit dit pour le faire. Ils l'ont appris avec leur pratique. Mais pourd'autres, cela reste très vague, et les études de médecine restent trop largement centrées sur l'anatomo-pathologie, et une conception organiciste de l'humain. Donc, de ce point de vue, il y a des efforts à faire. Et tout simplement, comme l'on parle de "parcours de soin", dans certains cas, que le médecin admette son impuissance et renvoie à d'autres formes de soin (mais cela existe déjà, cela demande tout simplement à être reconnu et institutionnalisé), et vice versa.

Je ne pense pas qu'il faille penser le médecin du futur comme un "guérisseur absolu", il va falloir, au contraire, former des soignants suivant de nombreuses spécialités, médicales ou non, et les faire travailler en réseau, qu'ils se connaissent, qu'ils sachent de qui cela relève, etc. La médecine y gagnera forcément, mais elle y perdra de son orgueil.
#17919 View lomig's ProfileE-Mail lomigView All Posts by lomigU2U Member
Haut de page 15/07/2008 @ 13:31 Bas de page
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Ah, je vais répondre à Télamonide:

Les remèdes sont objectivement efficaces.
A partir de là, c'est le thérapeute, l'oracle de Fa, qui va avoir le talent de faire des correspondances entre: 1. les dieux et les ancêtres, 2. les maladies dont ils sont responsables, 3. les herbes qui les accompagnent et répondent au problème.

"eh bien, lire Foucault, c’est un peu se faire arracher le cœur par un prêtre aztèque avec une pointe d’obsidienne. Si je devais caractériser le Foucault de cette période de mon histoire intellectuelle, je dirais qu’il m’est apparu comme quelqu’un qui ne philosophait plus au marteau, mais avec la lame d’obsidienne. Car l’obsidienne a des raisons que le cœur ne connaît pas." P. Sloterdijk
#17920 View lomig's ProfileE-Mail lomigView All Posts by lomigU2U Member
Haut de page 16/07/2008 @ 19:06 Bas de page
Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Le concept d'infortune ne permet-il pas aussi de déresponsabiliser les individus face à leur maladie? Il me semble, et c'est peut être proprement occidental, que lorsque l'on tombe malade, on a toujours cette tendance à croire que l'on a fait quelque chose de mal, que l'on s'est mal comporté, etc...De plus, j'ai l'impression que nos sociétés "scientifiques" entretiennent une peur de la maladie qui se retourne contre les malades (dégout et rejet, peur de la transmission...). Qu'en est-il des sociétés qui ont cette approche multiple et empirique face au pathologique? Tu donnes l'exemple de certaines condamnations sociales qui ont pour but de donner sens à la maladie, mais d'une façon générale, la notion d'infortune ne permet-elle pas de montrer que la maladie, tout en ayant sa part de subjectivité, dépasse, par ses causes, le malade et interdit alors de penser qu'elle découle d'une faute individuelle?
#17953 View megalopaul's ProfileE-Mail megalopaulView All Posts by megalopaulU2U Member
Haut de page 16/07/2008 @ 21:21 Bas de page
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pour aller dans le sens de Megalo Paul, et avant même de parler de ton excellent texte, Lomig, il me semble que ce qu'il remarque

Megalo Paul a écrit

c'est peut être proprement occidental, que lorsque l'on tombe malade, on a toujours cette tendance à croire que l'on a fait quelque chose de mal, que l'on s'est mal comporté, etc...


vous le verrez d'ailleurs avec un texte de Pascal dont je pars pour mon article (encore en cours de rédaction ::euh::) et sa Prière pour le bon usage des maladies : il semble qu'en tout cas pour lui, chrétien janséniste, être malade, c'est avoir offensé Dieu qui nous punit justement, ce qui, précisément, fait du malade avant tout un coupable ; la maladie deviendrait alors le symptôme d'un mal moral qu'il faut comprendre, et s'en amender pour guérir).

mais même dans le concept de "cause" d'une maladie, qui pourrait apparaître comme neutre, purement objectif, vous pourrez voir poindre une moralité sous-jacente. L'exemple du VIH est parlant, tant j'ai entendu des personnes expliquant que "le SIDA, quand on l'attrape, c'est qu'on la bien cherché" (sous-entendu : par le sexe sans protection, ou drogues injectées par des seringues infectées). De la cause (parfois seulement supposé) on passe incidemment au reproche concernant l'attitude morale du patient qui a "causé" son mal physique. sans aller jusqu'au VIH, qui n'a pas entendu dire "tu tousses ? c'est que tu ne t'es pas assez habillé hier", faisant d'une cause présumée un reproche qui culpabilise le malade.

culpabiliser le malade semble donc, en un sens, bien ancré en nous, là où la prévention en amont, et les soins sans moraliser ce qui est à l'origine de la maladie, devraient être développés.

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Haut de page 18/07/2008 @ 19:05 Bas de page
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Le concept d'infortune ne permet-il pas aussi de déresponsabiliser les individus face à leur maladie?


Eh bien, pas en tant que tel.
Au contraire, dans de nombreuses cultures, il permet de mettre à jour le fait qu'un tabou a été brisé, ou le fait qu'un crime a été commis, un sort a été jeté, etc.

Donc, derrière l'infortune se cache souvent une responsabilisation du malade...
#17975 View lomig's ProfileE-Mail lomigView All Posts by lomigU2U Member
Haut de page 19/07/2008 @ 09:50 Bas de page
Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Alors la question que je me pose, c'est ci cette responsabilisation ne va pas à l'encontre du processus d'acceptation de la maladie, ou au contraire, si elle permet de faire que l'individu, en se sentant responsable, prenne en charge de racheter sa faute et enclenche le processus de guérison. Pour le dire plus simplement, faire culpabiliser un malade l'aide-t-il à guérir?

De plus, le fait de ne considérer la maladie que sous son aspect scientifique devrait exclure cette responsabilisation sociale du malade; or, ce ne semble pas être le cas puisque, comme l'a remarqué Elsp, même si on tente d'expliquer la maladie uniquement par des causes physiques extérieures, il subsiste cette sorte de culpabilité ressentie par le malade.

D'où vient donc ce sentiment de culpabilité? Ne subsiste-t-il pas toujours une dimension sociale dans la prise en compte de la maladie(qui apparaît dans ce ressenti d'une faute commise, mais aussi dans certaines croyances ancrées dans notre imaginaire collectif) , qui dépasse le traitement purement objectif du médecin?


Edité le 19/07/2008 @ 09:50 par megalopaul
#17977 View megalopaul's ProfileE-Mail megalopaulView All Posts by megalopaulU2U Member
Haut de page 21/07/2008 @ 14:18 Bas de page
Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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on emploie, c'est intéressant, dans le langage courant, le même mot pour la "cause" d'une maladie (ce qui peut paraître neutre) et dans le cadre d'une expression morale "c'est à cause de lui"...

faut-il alors se dire que, si cause toujours il y a (spéciale dédicace à Camille Riquier ;-)), cette notion est liée à celle de culpabilité, par le vocable même ?

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#17987 View elsp's ProfileE-Mail elspVisit elsp's HomepageView All Posts by elspU2U Member
Haut de page 21/07/2008 @ 21:16 Bas de page
Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Oui Elsp!! Et c'est là l'apport du concept d'infortune: il responsabilise là le concept de cause culpabilise....
#17998 View corneillus's ProfileE-Mail corneillusView All Posts by corneillusU2U Member
Haut de page 21/07/2008 @ 21:27 Bas de page
Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Merci Lomig pour ces précisions!:-) Elles éclairent bien ce que tu entends par dogme biomédical. Je ne savais pas du tout que l'INSERM était orienté ou attaché à ce dogme, j'avoue ne pas forcément saisir en quoi( en même temps, je ne suis pas spécialiste de l'INSERM....mais c'est intéressant car c'est cette 'institution' qui est s'occupe du transfert des connaissances du labo au lit du malade, donc si elle souffre de ce dogme cela implique uen certaine manière de faire des essais cliniques, de développer des thérapeutiques, des méthodes de soin).
J'ai une question à vous soumettre: le mal, la maladie est une catégorie sociale et culturelle. Dès lors, le meilleur moyen de faire sortir ce soubassement culturel n'est-il pas la parole? Comment, autrement que par la parole, un practicien peut-il faire sortir ces tensions inconscientes? Existe-t-il des approches autres que oralisées?

Magnéto Serge!
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Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Une première idée m'a interpellée dans ton texte Lomig. Tu écris sur le toit du grenier de Zandé qu'il y a une sorte de recherche des raisons. C'est ce qui m'a toujours marqué dans les croyances. En effet, souvent des personnes manifestant une certaine hostilité au matérialisme occidental, l'accusant de fermeture d'esprit, d'excès de cartésianisme, sont pourtant des obsessionels de la raison. Il leur faut trouver une raison à toute chose, il leur faut "faire sens" comme tu dis. Du coup, ils restent profondément génés par la lenteur de la science et son refus de conclure quand les preuves ne sont pas là. Si on entend par rationalisme une recherche des raisons, alors ne pourrait-on pas dire que les plus rationalistes sont les croyants eux-mêmes, dans la mesure où ils sont des obsessionels des raisons ? Finalement, une société rationnelle est-elle justement rationnelle dans la mesure où elle ne fait pas d'excès de rationalité ?

Ce qui impliquerait que la rationalité ne soit pas le propre de l'Occident, mais qu'elle soit toujours en degré dans chaque culture. La nécessité de faire sens, par rapport à l'infortune, pose une question finalement plus universelle et non relative qu'on croit. On retrouve une conception universelle de l'homme dans ton approche. Tout culture cherche à faire sens face à l'infortune. Et j'aimerais bien hasarder la question "pourquoi" ? Qu'est ce que cela peut vouloir dire de l'homme en général ? Pourquoi il y a t-il une nécessité universelle à donner du sens à l'infortune qui prend des formes particulières ? La culture de l'infortune dans ce cas n'est-elle pas une particularisation de l'universel ? N'y a t-il pas un relativisme local dans ce cas qui fait fond sur un universalisme. Bref ton relativisme n'est-il pas que local ? Bref, ne serais-tu pas plus métaphysicien que tu ne le dis. En affirmant que toute culture cherche à donner du sens à l'infortune, voilà un principe, au moins, propre à tout homme, et non propre à telle ou telle culture. Voilà un principe qui se veut vrai et non relatif.

Finalement ton relativisme n'est-il pas rien d'autre qu'une métaphysique qui s'intéresse aux particularisations d'un universel ?
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Haut de page 29/07/2008 @ 19:04 Bas de page
Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Si j'avais une critique à faire de ton texte, et une seule, ce serait de te faire remarquer que tu as une tendance à réduire l'Occident au dogme biomédical, en oubliant que le dogme biomédical ne s'est pas construit uniquement sur des affaires de pouvoir (ce qui est vrai), mais aussi contre des pouvoirs. Il n'y pas d'un côté les gentils croyants, qui oeuvrent pour la santé à coup de grigri divers, et de l'autre, des méchants médecins qui méprisent ces personnes. Il y a de part et d'autre une lutte pour le pouvoir. Le sorcier, ce n'est pas qq qui guérit, c'est avant tout qq qui a un pouvoir. Tout autant que le médecin. La question n'est donc pas de savoir s'il y en a un mieux intentionné qu'un autre, mais qui des deux ferait mieux de détenir le pouvoir. Or le second est le seul à se soumettre au jugement des autres. Tu dis que le médecin a tendance à s'instituer comme référence, comme autorité. Certes, c'est certainement vrai. Mais le sorcier aussi. Ce qui importe, c'est donc de remarquer qu'il existe néanmoins une différence de taille entre les deux, et cette différence s'appelle la science. Non pas que la science soit la vérité, mais est politique par essence. Alors que le sorcier ne peut faire rien d'autre que de prouver ce qu'il affirme de façon flou et obscure, esquivant en permanence la contradiction ou la critique, la science elle se soumet à des protocoles qui intègrent, au moins en quantité plus importante, une possibilté de réfutation. Comment réfuter un sorcier ?

On m'opposera ma vision occidentale du sorcier. Mais je l'assume complètement. Car on oublie de dire que les sciences, c'est aussi ce qui nous affranchie du sorcier, du croyant, du prêtre, et compagnie. On fait comme si l'occident avait été de tout temps sans sorciers. Mais non, il y a une réaction allergique contre les sorciers, et cette réaction, on la trouvera je suis sûr dans d'autres cultures qu'on qualifie de "magiques". Bref, il y a d'une part une réduction de l'Occident à une position exclusivement "rationnelle", et de l'autre une réduction des autres cultures à des postures pour l'essentiel "magiques". Alors qu'en vérité, il faudrait parler de tension entre ces deux pôles, et d'évolution de cette tension dans un sens ou dans l'autre, pour des raisons de pouvoirs, certes, mais aussi de raisons.

Enfin, un truc qui me gène. Tu dis : "on constate l'efficacité de certaines pratiques non biomédicales". Certes, mais dans ce cas, pourquoi ne pas soumettre ces pratiques à un protocole scientifique qui en mesurerait l'efficacité ? Si ces méthodes non biomédicales fonctionnent, dans ce cas, pourquoi ne pas le démontrer ? Et en le démontrant, n'ira t-on pas vers une rationalisation de ces pratiques ? Et avant cet examen, ne doit pas légitimement se demander si ces pratiques fonctionnent, s'il n'y a pas là un effet de représentation qui fait nous fait collectivement qu'il y a aurait un salut non scientifique, par allergie pour la science, ou fascination pour les esprits et les petits hommes verts ? Bref il semble que dans ton discours, la représentation soit toujours du mauvais côté (l'Occident) mais jamais de l'autre. C'est un tant soit peu manichéen. Voilà le sens de ma remarque, qui se veut polémique(++)

Edité le 29/07/2008 @ 19:06 par seb
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Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Afin de ne pas paraître trop polémique, je tiens à dire tout de même que j'ai trouvé cette exposition du concept d'infortune fort intéressante, et que l'essentiel du discours de Lomig n'a rien avoir avec mes remarques polémiques qui se situent plutôt en marge de son article. Dans une perspective au fond de tirer le concept d'infortune vers les questions qu'il pose indirectement, mais qui me semble pertinente dans notre colloque sur le mal :

Rapport entre pouvoir et soin. (dimension politique)
Efficacité des représentations sur le mal. (dimension sc humaine)

Mais il faut remarquer ici, tout de même, que le mal (ou l'infortune) engage toujours une activité, et que cette activité a de multiples dimensions qui, de façon paradoxale, peuvent devenir elle-même source de mal, directement (comme oppression) ou indirectement (comme empêchant d'autres soins). En ce sens, s'il s'agissait de synthétiser un peu cette intervention avec celle d'Anacolythe, je dirais qu'on aura appris que dans ce colloque, le mal engageait une activité de suppression de celui-ci qui peut aussi bien participer à sa disparition que participer à mal. Une dimension positive et négative de l'activité contre le mal.

Pour Lomig, le positif, c'est l'efficacité des pratiques et en particulier de la prise en compte de ce qui est non-biologique sans l'exclure. Le négatif, c'est l'usage du seul biologique à l'exclusion de tout autre qui entraîne un manque d'efficacité, et donc un mal.

Pour Anacolythe, le positif, c'est la force potentielle du témoignage dans la mesure où elle nous prémunie d'un mal à venir et préserve un peu de la santé mentale de la victime. Le négatif, le risque encouru par l'artiste sous l'oppression qui peut payer de sa vie sa pratique artistique.

Je dirais donc qu'à ce stade, une des premières conclusions de ce colloque est la suivante, il me semble : la lutte contre le mal n'est pas le bien. Le bien, c'est la fin du mal, et la lutte contre le mal est bonne à partir du moment où elle réussit. Quand elle aboutit au mal, elle n'est qu'un mal de plus. Aussi on ne peut fonder la morale sur l'intention, car l'intention bonne mais aveugle aux effets est une morale qui peut être cause du mal au nom du bien. Cette méfiance à l'égard de nos bonnes intentions, voilà peut-être, une des premières "leçons" de ce colloque.
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Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Je voudrais faire remarquer, toujours dans un esprit de synthèse, qu'il me semble que dans la première intervention sur les stoïciens, il n'y pas polarité de l'action comme chez Lomig ou chez Anacolythe. Il n'y a qu'un versant positif, au sens où celui qui associe sa volonté à Zeus sera toujours certain, par ce moyen, d'échapper au mal. Le moyen est ici parfait pour ainsi dire. Or en ce sens, il me semble que la technique dans ce cas a un tort, comme pour le nucléaire. Elle a le tort de ne pas penser son échec. Elle pense toujours son échec comme qq chose d'extérieur à la technique elle-même (sabotage, erreur humaine...). C'est très valable dans le cas du nucléaire : on fait comme si un risque très faible était un risque nul (et donc négligeable), et on met en place une technologie dont la défaillance pourrait entraîner des dégats considérables. Une sorte d'indifférence de droit pour ainsi dire, qui vient de la trop grande confiance qu'on accorde à une technique, et qui nous rend aveugle à ses effets actuels ou possibles. On a une sorte d'animisme, comme si la technologie était animée d'une "bonne intention" qui donne l'illusion de son absolu efficacité. On pourrait dire que l'erreur des défenseurs du nucléaire est de croire qu'un réacteur est bienveillant. (je parle ici du nucléaire à titre illustratif, ce n'est pas le lieu d'ouvrir un débat sur la question)

Il me semble donc que le débat pourrait aussi avoir lieu sur quel doit être notre rapport à la technologie (au sens d'un moyen de lutte contre le mal et pour le bien) ? Une pensée de la technologie n'est-elle pas précisément dans l'estimation d'un rapport entre le bien espéré et le mal encouru, entre sa dimension positive et négative ?

Edité le 30/07/2008 @ 11:23 par seb
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Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Seb a écrit

En ce sens, s'il s'agissait de synthétiser un peu cette intervention avec celle d'Anacolythe, je dirais qu'on aura appris que dans ce colloque, le mal engageait une activité de suppression de celui-ci qui peut aussi bien participer à sa disparition que participer à mal. Une dimension positive et négative de l'activité contre le mal.

Pour Lomig, le positif, c'est l'efficacité des pratiques et en particulier de la prise en compte de ce qui est non-biologique sans l'exclure. Le négatif, c'est l'usage du seul biologique à l'exclusion de tout autre qui entraîne un manque d'efficacité, et donc un mal.

Pour Anacolythe, le positif, c'est la force potentielle du témoignage dans la mesure où elle nous prémunie d'un mal à venir et préserve un peu de la santé mentale de la victime. Le négatif, le risque encouru par l'artiste sous l'oppression qui peut payer de sa vie sa pratique artistique.

Je dirais donc qu'à ce stade, une des premières conclusions de ce colloque est la suivante, il me semble : la lutte contre le mal n'est pas le bien. Le bien, c'est la fin du mal, et la lutte contre le mal est bonne à partir du moment où elle réussit. Quand elle aboutit au mal, elle n'est qu'un mal de plus. Aussi on ne peut fonder la morale sur l'intention, car l'intention bonne mais aveugle aux effets est une morale qui peut être cause du mal au nom du bien. Cette méfiance à l'égard de nos bonnes intentions, voilà peut-être, une des premières "leçons" de ce colloque.


mais qu'est-ce qui nous arrive Seb ? Je suis encore une fois totalement d'accord avec toi ::langue:: !!!! synthèse pertinente il me semble.

ensuite, j'avais promis quelques questions plus précises sur l'article, les voici :

- j'aimerais savoir le lien que Lomig ferait, en connaisseur averti de Foucault, entre son article et les fameuses thèses du savoir/pouvoir foucaldiennes (pour résumer super vite, que tout savoir possédé confère un pouvoir, notamment sur ceux qui ne le possèdent pas, d'où des risques d'abus). J'aimerais savoir si les médecins croyant au "dogme biomédical" rentrent dans cette catégorie (on lit ainsi le mot "domination" p.3, ou, mieux encore, la dernière phrase de la p.5 de l'article).

- dans l'intervention, on lit avec un grand intérêt les remarques sur le "sens" (p.4). mais justement : est-ce à dire que, premièrement, cette question du sens est universellement présente à l'homme dès qu'un mal lui arrive (ce que j'ai cru comprendre). Cela ferait donc de l'homme un "animal herméneutique" (ce dont je suis persuadé, ceci dit). Et, deuxièmement, y a-t-il un lien, et si oui lequel, entre cette recherche de sens et le fait que

dernière phrase de l'article a écrit

notre monde médical, si froid et si rationnel, n'est pas dépourvu de mythes et de croyances
.

j'aimerais du reste que tu précises à quels mythes et à quelles croyances tu penses, pour être sûr de t'avoir bien compris.

- quand tu parles de "tradi-particiens", p.8, qui allient biomédecine et valeurs culturelles dans leurs pratiques, j'aimerais savoir à qui tu penses (où ils se trouvent géographiquement par exemple).

- dernier point qui est juste une demande de précision : on m'a parlé cette année, juste, de la distinction que tu mentionnes p.10 entre illness, disease et sickness : est-ce bien Boyd qui l'établit ? Pourrais-tu me rappeler dans quel ouvrage ?

merci :-) !

Edité le 01/08/2008 @ 15:06 par elsp

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Haut de page 07/08/2008 @ 22:21 Bas de page
Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Ouah! ça fait plaisir d'avoir autant de précisions, remarques, commentaires!



Finalement ton relativisme n'est-il pas rien d'autre qu'une métaphysique qui s'intéresse aux particularisations d'un universel ?


C'est le propre de l'anthropologie... Dans laquelle je trouve un certain confort de pensée, je l'avoue.

je suis aussi d'accord avec toi sur le pouvoir sorcier/médecin. Les deux exercent un pouvoir, de guérir, évidemment, mais aussi un pouvoir qui va au delà, par rapport à certaines prescriptions sur le mode de vie, etc.

J'ai un peu polarisé et moralisé, de manière gauche et sans subtilité, pour renverser le rapport de légitimité qui va, d'habitude, vers le médecin. Quant à tes questions, qui se veulent polémiques, je les trouve tout naturelles et je ne crois pas que ce soit un mal. Autant expliciter ma position.

Là où nos opinions divergent (Vade retro Desproges), c'est sur la différence "science". qu'elle soit politique par essence, soit, mais comme tout pouvoir (à mon avis, et cela se discute, je suppose, très âprement, mais là, je vise le pouvoir médical en particulier et son autorité en général)



Comment réfuter un sorcier ?


C'est là que j'ai envie de citer certaines lignes de la thèse de Dagognet, mais je ne l'ai pas sous la main (et en plus, je suis plus sûr que c'est lui). Il y explique que le protocole scientifique est a priori destiné à mettre en valeur certains savoirs et à en dénigrer d'autres. Ainsi, certaines thérapeutiques pourtant "objectivement" efficaces ne se situant pas sous le même régime de preuves que le protocole pharmaceutique général ne peuvent accéder à la reconnaissance, je pense à l'homéopathie. Bien que ce ne soit qu'une efficacité "placebo", celle-ci ne s'intègre pas dans le dogme biomédical, alors qu'elle existe bel et bien. Il en va de même pour le rebouteux qui guérit les zona et l'eczéma... l'efficacité se voit, mais ne se prouve pas...


Alors qu'en vérité, il faudrait parler de tension entre ces deux pôles, et d'évolution de cette tension dans un sens ou dans l'autre, pour des raisons de pouvoirs, certes, mais aussi de raisons.


J'adhère et signale néanmoins qu'il y a une grande part dévolue à la croyance dans la pratique scientifique, cf. les microbes de Latour.

Ton dernier paragraphe de l'avant-dernier message m'obligerait à aller beaucoup plus loin.
La question des protocoles est très intéressante, ainsi que celle de la rationalisation. Tout le monde se souvient du tollé de "la mémoire de l'eau" se terminant par le désaveu de J. Benveniste.
Seulement, je renverrais encore à Dagognet (ou Pignarre, j'ai oublié... je suis une sacrée tête de linotte):
Comment faire dans une situation protocolaire qui exclue le "facteur humain" comme significatif tout en l'incluant de facto?

Pour moi, c'est là que se trouve le noeud du problème. Quand on teste un médoc, c'est en double-aveugle. Mais pourquoi en double-aveugle, si ce n'est pour repousser, et par conséquent admettre, l'efficacité symbolique qui se joue dans la relation médecin/patient, l'investissement du médecin dans l'administration de la thérapeutique???
ET si on l'admet en demi-teinte, pourquoi est-ce en l'excluant donc de toute possibilité thérapeutique?

Donc, ça dépend du protocole. Le protocole fermé ne fera pas apparaître certaines pratiques comme efficaces, mais c'est par choix, politique peut-être, mais surtout épistémologique, dans des circonstances de domination d'une épistêmé...

Loin de moi l'idée d'opposer les deux catégories, c'est la complémentarité que je vise ici, dans un souci plus politique que scientifique. En outre, Dans l'efficacité symbolique se trouvent de nombreuses pratiques, et de nombreuses formes différentes d'efficacité, reposant sur de nombreux éléments, et que je ne maîtrise pas bien. Tout au plus puis-je parler un peu d'hypnose, mais c'est tout. Quant aux pratiques chamaniques, si l'on n'en fait pas des protocoles, c'est parce qu'elles sont le fruit de l'observation ethnographique, et ne sont pas des recherches médicales...


Quant à la différence responsabilisation/culpabilisation, c'est très intéressant. Mais il y a malgré tout des pratiques de lutte contre l'infortune extrêmement violentes, physiquement ou psychologiquement, et liées à des questions de pouvoir ou de croyances pour lesquelles on ne constate pas d'efficacité symbolique. Chez les Diola de Casamance, la stérilité est TOUJOURS de la faute des femmes. Différence et inégalité sexiste. Mais en plus, elles passent par des épreuves terribles pour retrouver leur fertilité. Pouvoir oppressant en sus...
#18215 View lomig's ProfileE-Mail lomigView All Posts by lomigU2U Member
Haut de page 08/08/2008 @ 09:02 Bas de page
Re : Deuxième intervention: la notion d'infortune en anthropologie de la santé-Pierre-Guillaume Paris Reply With Quote
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Il existe toutefois des protocoles pour mesurer l'effet symbolique. C'est ce que font les sociologues si je ne m'abuse, à grande échelle, ou encore les psychologogues. Pour ma part, je ne vois pas en quoi la mesure de l'efficacité de l'homéopathie nous échappe, ou celle d'un rebouteux... Pourrais-tu développer ?
#18219 View seb's ProfileE-Mail sebView All Posts by sebU2U Member
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